J’aimerais arriver à avoir le courage de faire comme toi.

 

Je pense que c’est le message que je reçois le plus souvent de votre part… Et si je vous dis, là maintenant, que si je le fais, tout le monde peut le faire !

C’est lorsque j’étais en Malaisie, toute seule, que je me suis dit qu’il fallait que j’écrive un jour cet article. Il était 22h, je rentrais d’un trek dans la jungle, j’étais dans une voiture, seule, avec deux hommes Malaisiens. Il pleuvait et nous avions 3h de route dans la jungle pour rejoindre mon hôtel…

Si vous m’aviez dit,  il y a quelques années en arrière, que j’aurais été assez forte pour ne pas avoir peur à cet instant bien précis, et profiter de ce moment présent avec deux personnes incroyables, j’aurais pleuré de joie. Et c’est ce qui c’est passé… Les larmes aux yeux, j’ai monté la musique de la radio et j’ai chanté à tue tête pendant 3 heures avec eux, réalisant que ma vie à présent était belle, et que je m’étais donné les moyens d’y arriver…

Laissez-moi vous raconter pourquoi si je voyage aujourd’hui, alors tout le monde peut le faire…

 

La descente aux enfers

Il faut remonter 11 ans en arrière, j’avais 15ans, je marchais pour me rendre dans mon centre équestre, et une des choses les plus traumatisantes de ma vie s’est produite. Un homme m’a bloqué avec sa voiture et a tenté de m’enlever… Par chance, j’ai réussi à m’enfuir, et je dis bien par chance parce que ce qu’il y avait dans ses yeux, me laissera dire toute ma vie que si je n’avais pas réussi à m’échapper, je ne serais plus de ce monde.

Ça a été un moment très dur pour moi, car à la suite de ça, j’ai perdu toute confiance en moi, perdu confiance aux autres, perdu le moral et j’ai été prise de crises d’angoisse. La crise d’angoisse c’est quelque chose qu’on ne peut pas contrôler, on a l’impression qu’on va mourir lorsqu’on en fait une, on arrive plus à respirer et cela peut arriver à tout moment. J’en faisais plus de 10 par jour… Ce qui m’a obligée à rester enfermée chez moi pendant 1 an… Ouais en gros on peut appeler ça une dépression, bien que je n’aime absolument par ce terme…

 

 

Le déclic

Parfois, la vie peut sombrer sans crier gare,  mais elle peut aussi te donner une deuxième chance à tout moment !

Quand on est au plus bas, on se raccroche à de petites choses, et c’est en ouvrant un livre que j’ai lu ce mot : Carpe Diem, cueille le jour… Si vous préférez : vie comme si tout pouvait s’arrêter demain. Ce mot est peut-être aujourd’hui kitsch avec tous les kékés qui l’ont en tatouage, mais à mes 16 ans le mot Carpe Diem m’a sauvé.

Ça a été le déclic de ma vie ! Puisque j’étais au plus bas, qu’est-ce que j’avais à perdre ? RIEN !

 

On a deux vies et la deuxième commence le jour où on réalise qu’on en a qu’une.

 

J’avais énormément de rêves depuis très jeune, et lorsque j’ai vu ce mot, je me suis promise de reprendre ma vie en main et de les réaliser. On m’a toujours rit au nez et rabaissée lorsque je disais que je voulais, plus tard, travailler avec les dauphins ou bien enseigner l’équitation, car à l’époque j’étais timide, réservée et dyslexique (donc pas très forte à l’école). Comment cette pauvre fille pouvait y arriver ?

En y croyant très fort, en se donnant les moyens et en travaillant très dur. Et j’y suis arrivée!

Et avant d’en arriver au voyage, n’oubliez jamais cela : vous êtes capable de tout si vous y croyez et que vous vous donnez les moyens ! Et j’espère que mon histoire peut vous servir à réaliser cela.

 

voyager

 

Le voyage dans tout ça ?

J’ai beaucoup voyagé quand j’étais jeune, et j’ai très vite compris que lorsque j’allais le faire de moi même, je n’arriverais plus à m’arrêter. Cette passion drogue du voyage je l’ai toujours eue. Et j’ai donc fait le choix de remplir mon CV et réaliser d’autres rêves professionnels avant de me lancer.

Malheureusement je me suis construite, à cette époque, une très belle zone de confort durant tout ce temps où j’ai travaillé. J’étais comme tout le monde : j’avais peur de l’inconnu, j’avais un très joli appartement, une voiture, un salaire fixe qui tombait tous les mois… Si on rajoute à cela le traumatisme que je gardais, à l’époque, de mon enlèvement et les sympathiques petites crises d’angoisses qui réapparaissaient de temps en temps, voyager était devenu une utopie plutôt qu’un rêve qui pouvait se réaliser.

C’est une rupture qui m’a poussée à partir la première fois. Ça a été un moment très dur dans ma vie parce que je ne savais plus où aller.

Et je me suis rappelée une chose : Tu n’as qu’une seule vie et tout peut s’arrêter demain ! Je me suis alors encore posée cette question : qu’est ce que tu as à perdre, là, maintenant ? RIEN !

Je me souviens encore, il était 16h et j’ai fait un sac pour partir sur un coup de tête en Bretagne. Rien que le fait de m’imaginer partir à plus de 5h de chez moi avec mes angoisses était, une minute avant d’être dans cette voiture, impensable ! Et j’ai eu ce sentiment que je souhaite à tout le monde un jour, celui d’être enfin libre…

 

Quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir.

 

Comme je dis à chaque fois : c’est le premier pas le plus dur, lorsqu’il est franchi, c’est là que la magie intervient et que la vie conspire à vous aider.

En Bretagne, j’ai reçu un coup de fil d’un ami qui me disait qu’il partait au Cambodge, et j’ai fait le choix de le rejoindre quelques jours après. Et franchement je n’étais pas fière, j’avais littéralement peur de me retrouver à l’autre bout du monde. Il y avait dans mon sac une trousse à pharmacie qui prenait la moitié du volume, et j’ai dis au-revoir à ma maman et mon chien comme si c’était la dernière fois que j’allais les voir.

 

 

 

Mon hymne au voyage

Pendant ce mois au Cambodge, j’ai été littéralement transformée. Je me suis rendue compte que le monde à l’extérieur de mon petit confort était beau, et qu’il était beaucoup plus facile de voyager que ce je pensais… Ce voyage était devenu beaucoup plus une quête qu’un séjour entre amis, et c’est pour cela qu’au moment de rentrer en France, un mois plus tard, j’ai décidé de rester voyager en Thaïlande toute seule.

Lorsque j’ai pris mon premier bus,  je me suis englouti des tonnes d’anxiolytiques pour ne pas faire de crises d’angoisse, j’étais pétrifiée. Et vous savez quoi ? Ça a été la dernière fois de ma vie que j’ai eu peur…

Au moment où je suis sortie de ce bus, tout a changé, j’appelle ça la magie du voyage. Le voyage vous transforme, vous rend meilleur… Ça a été la meilleure thérapie que j’ai pu faire, j’ai appris sur moi en 2 mois comme  je n’aurais jamais pu apprendre en toute une vie sans avoir voyagé. J’ai vaincu ma timidité et mon manque de confiance en moi, j’ai repris confiance en l’humain, parce que je vous jure que vous n’avez même pas idée à quel point le monde est beau, tant que vous n’êtes pas allé voir ailleurs !

 

On ne cherche pas à fuir quand on part voyager, au contraire, on cherche à se connaitre encore mieux et à aimer encore plus fort l’humain. Le vrai voyage c’est 70% de quêtes et 30% de beaux paysages, et c’est magique !

 

Je le répète encore une fois aux personnes qui ont peur, le plus dur c’est le premier pas, dès qu’il est franchi, c’est là que la magie intervient ! C’est universel. Même si vous êtes seul, vous ne le serez jamais, et ça aussi c’est universel.

Et je remercie aujourd’hui tous les obstacles que j’ai eu dans ma vie qui m’ont permis, à mes 23 ans, de me mettre un billet d’avion entre les mains.

 

 

We can be Heroes

 

voyager

 

Quand je suis rentrée en France, j’ai voulu travailler dur pour me payer un tour du monde. Et qu’est ce qui paye le mieux quand on veut vite gagner de l’argent ? Serveuse ;)

J’ai pris un gros coup à ma fierté quand j’ai commencé. Alors que je faisais des métiers incroyables depuis mes 18 ans, j’étais là, à débarrasser des tables. Et puis ce sentiment est très vite parti car durant ce voyage j’avais appris que le plus important était d’être et de vivre plutôt que de paraitre. Et ça a été les années les plus incroyables de ma vie jusqu’à maintenant. Il m’est arrivé des choses complètement dingues, j’ai rencontré des gens incroyables que j’aime plus que tout et encore aujourd’hui… Je ne contrôle plus ma vie comme je le faisais avant, je la laisse me guider et c’est grâce au voyage que j’ai appris cela.

Alors que mes amis commencent à avoir des enfants et se marient, moi je suis complétement instable… Mais c’est cette vie qui me rend heureuse et épanouie pour le moment. Une vie où je suis libre, où je peux aider et où mon cerveau est constamment stimulé. Je ne veux pas être moraliste dans cet article car je respecte totalement le choix de chacun, et il m’arrive même parfois d’envier mes amis qui sont heureux avec un CDI, un crédit et un appartement.

Je veux juste faire comprendre à tous ceux qui ont peur de se lancer que c’est possible… je n’ai pas eu une petite vie parfaite qui m’a permis de réussir.

 

Croyez en vous, en vos rêves… Tout est possible !

 

J’ai voulu refaire la scène d’un film qui m’a énormément marqué sur cette photo, the perk of being a wallflower, c’était avant de partir en tour du monde cette année. Je tenais beaucoup à vivre aussi ce moment parce que j’avais enfin compris ce que dit le garçon dans ce tunnel. Et je pense que sa phrase clôturera très bien cet article :

 

“Je sais que tout cela deviendra une histoire. Et nos photos deviendront de vieilles photos. Et nous deviendrons tous la mère ou le père de quelqu’un. Mais maintenant ces moments ne sont pas des histoires. Cela est en train de se passer. Je suis là. Et je la regarde. Elle est tellement belle. Je peux le voir… Ce moment quand tu sais que ta vie n’est pas une histoire triste. Tu es vivant. Et tu te lèves et vois les lumières sur les bâtiments… Et tout cela t’émerveille. Et tu es en train d’écouter cette chanson dans cette voiture avec les personnes que tu aimes le plus au monde. Et en ce moment, je jure… Nous sommes infinis.”

 

Et toi, qu’est ce tu as à perdre ?

 

 

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